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Les coquelicots. C’est à cause d’eux si je suis encore là. Quand je suis arrivée ici en Mai, il y a onze ans, ils tapissaient le paysage de leur couleur rouge orangé. Tout à coup, la coutume que j’avais depuis l’école, celle d’épingler une fleur rouge en coton à mon uniforme chaque 25 Avril en automne, prit tout son sens. Les vraies fleurs étaient donc là ! Cette coutume permet de ne pas oublier que plus de 60,000 hommes et femmes australiens ont péri sur le territoire français, ultime sacrifice, durant les deux guerres mondiales. Et aucun des français que j’ai rencontré avant ne le sait. (Anzac Day, avril 25).

Un ami français a appris à l’école que l’Australie était “le bout du monde”. Ça l’est. Si l’on vit ici. Et si l’on vit en Australie, l’Europe est un concept étrange, un territoire où l’on peut conduire à travers 6 différents pays en un seul jour, ce qui reviendrait à traverser la moitié, peut-être, de notre pays. En conduisant jour et nuit. Peut-être.

Nous sommes donc un grand pays, avec beaucoup d’espace, d’environ 14 fois la taille de la France mais avec moins d’un tiers de sa population. Nous sommes le premier pays au monde à avoir projeté le tout premier film en 1905. Notre culture filmographique existe depuis très longtemps et continue de grandir. Elle a fait connaître des réalisateurs, des producteurs, des scénaristes, des cadreurs, des compositeurs, des ingénieurs du son, des monteurs, des acteurs et des actrices très reconnus dans le monde entier. Mais aucun des français que j’ai rencontré ne le sait. Ou alors s’ils ont vu l’un d’entre eux ou s’ils en ont entendu parler une fois, ils l’ont pris pour un américain ou un anglais.

Ce n’est pas que les australiens ont peu en commun avec les français. Au contraire. Chaque jour je trouve des ressemblances entre les français et les australiens, des points communs dans notre façon d’être, particulièrement dans notre humour, et même dans les principes fondamentaux que l’on peut lire dans chaque mairie ou école française - égalité et fraternité - qui se traduisent très bien par les principes australiens "give him a go" et “mateship".

Donc, étant actrice et ayant une certain fierté nationale, j’ai pensé qu’un festival du film pourrait apporter plus que Mad Max et AC/DC à l’idée qu’ont les français de la culture de mon pays. Pas de films américains ni britanniques, mais ceux du bout du monde : les films australiens. Il existe un répertoire intarissable. Le site internet continue de s’enrichir d’informations sur les films.

Et les coquelicots... Ne sont-ils pas magnifiques ? Une fois cueillis, ils ne survivent pas dans un vase. Ils sont là où l’on pense les trouver une année, mais pas la suivante. Il est impossible de reproduire leur éclat avec les couleurs de la peinture à l’huile, à l’aquarelle ou des pastels. Il faut alors aller dans les champs pour les admirer de nos propres yeux. Un peu comme les films du festival, en fait.

*** Fin *** 

"Coquelicots". Poppys. It's all their fault I'm still here.. When I arrived here in May, eleven years ago, they were carpeting the landscape with their mercurial splash of red orange. Suddenly, the custom that began for me in primary school, the pinning of red cotton flowers to our school jumpers every April 25th in Autumn, made sense. Here they were, the real thing. Lest we forget. Over 60,000 Australian men & women are in the soil in France, the ultimate sacrifice, from two World Wars. And not one French person I had met in the South here knew that.

My French husband was taught at school that Australia was "le bout du monde" ("about as far as you could go") It is. If you're here. And if you're there, in Australia, Europe is a bizarre concept, a land where you can drive through 6 different countries in a day, where you'd maybe get half way across our place. If you drove day and night. Maybe.

So, we're big, lots of space, about 14 times the size of France, but with less than a third of the population. We were the first country in the world to screen a feature film, back in 1905. Our film culture is long standing and continues to thrive. It has produced internationally acclaimed directors, producers, screen writers, cinematographers, composers, sound engineers, editors, actors and actresses. But not one French person I had met knew that. Generally if they have heard a name or know a face, they have often mistaken them for a Yank, or a Pom.

That isn't because Australians have little in common with the French. Au contraire. I find a French accented mirror everyday in our ways, and especially in our humour, and even in the principale held up by every french mairie (town council) or school -  le egalité et de fraternité, that very easily translates into the australians creed of "give him a go" and "mateship". The liberty bit is a given, at least in the Australianness I relate to.

So, being an actress, and having found a certain national pride, I thought a film festival might introduce more than Mad Max & AC/DC into what my country's culture represents in French peoples minds. Not American films, not British films, but that "bout du monde", Australian films. There is an endless repertoire to select from. The website continues to grow with information about the films for this year.

But o yeah, "coquelicots". Aren't they beautiful. They dont do vases. They are where you think they'll be one year, but not the next. Their brilliance is impossible to re create with oil, pastel or water colour, so you have to go into the fields and see them for yourself. Bit like the films at the festival.

Helen BUDAY, directrice de Le Bout du Monde.

 

FIN

 

2018  Festival du Film Australien Le Bout du Monde  globbers joomla templates